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RENAISSANCE – la semence cachée d’une nouvelle conscience

Dans le cours du développement de l’humanité, il existe des moments caractérisés par des transformations exceptionnelles de conscience, qu’il est impossible de situer dans une logique d’évolution linéaire.

Alors que le Moyen-Âge (qualifié ensuite d’époque obscure) voit la suprématie du latin dans tous les domaines de la connaissance et de la religion, et conséquemment l’ignorance forcée d’une bonne partie des européens qui ne le parlent pas, les humanistes – à travers la redécouverte des langues et des textes antiques – prennent leur indépendance vis-à-vis des canons ecclésiastiques et replacent l’homme et ses valeurs au centre de leurs recherches.

S’ensuit une période de richesse et de splendeur extraordinaires dans de nombreux domaines, d’abord en Italie, puis dans le reste de l’Europe – une période qui verra également une incroyable transformation de la vision occidentale du monde, grâce aux périples des grands explorateurs. 

Cet élan, qui durera deux ou trois siècles, entraîne un bouleversement total de la société dans tous ses aspects : religion, éducation, science, philosophie, arts… mais plus encore, on assiste à l’émergence d’une conscience de soi et de l’univers totalement différente, à une remise en cause des dogmes, au désir de penser par soi-même.

À travers notre sélection du mois, imprégnez-vous des textes qui ont contribué à cette profonde métamorphose  !

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Brochure parue dans la Collection « Deux mille ans de tradition spirituelle vivante ». Dans le labyrinthe de l’aventure intérieure, la Renaissance est une période particulièrement riche de notre histoire… Dans le cours du développement de l’humanité, il existe des moments caractérisés par des transformations exceptionnelles de conscience,  qu’il est impossible de situer dans une logique d’évolution linéaire. L’un de ces moments se situe entre 1450 et 1550 : l’Italie et l’Europe vivent une période de richesse et de splendeur extraordinaires dans de nombreux domaines. Et cet élan se manifeste en particulier – et de manière sensible – dans tous les champs de la connaissance. Le Moyen Âge a été avant tout une période de  préparation aux fondements de l’humanisme !

5.00 

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Ce voyage qui traverse les trois royaumes d’outre-tombe pour parvenir à la Vision finale est en même temps tendu vers le retour sur terre, vers le moment où sera racontée aux vivants la traversée accomplie. Et pour relater son périple à travers les trois royaumes des morts, Dante bouleverse les représentations traditionnelles, affronte l’indicible, crée une langue : sa hardiesse poétique préfigure celle des grands inventeurs de la modernité en littérature, de Rimbaud à Joyce, en passant par Kafka et Proust. Animé par une ambition folle – celle de rendre les hommes meilleurs et plus heureux, par la conscience du sort qui les attend après la mort -, il décrit tour à tour le gigantesque entonnoir de l’Enfer et ses damnés en proie à mille tourments ; la montagne du Purgatoire, intermédiaire entre l’humain et le divin, peuplé d’anges, d’artistes et de songes ; le Paradis, enfin, où, guidé par Béatrice, le poète ébloui vole de ciel en ciel. Un parcours initiatique qui se termine lorsque le héros, absorbé dans l’absolu, contemple « l’amour qui meut le soleil et les autres étoiles ».

22.00 

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Écrite vers 1294-1295, la Vita Nova de Dante constitue l’une des plus anciennes œuvres autobiographiques, intimes, de la littérature européenne. « Je dis en vérité qu’à ce moment là, l’esprit vital qui réside dans la chambre secrète du cœur trembla et dit ces mots : voilà un dieu plus puissant que moi. » Ainsi commence la description de la métamorphose spirituelle vécue par Dante. Alternant prose et poésie dans le « doux style nouveau », qui lui est propre, le poète y décrit comment sa rencontre avec la jeune Béatrice renverse le cours de sa vie ; comment son amour pour elle va illuminer son écriture ; comment la mort prématurée de l’aimée va être à la fois source de la plus intense détresse et de la plus belle consolation – annonçant la future Divine Comédie.

6.80 

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Préface de Sédir – Orné d’un portrait de l’auteur (17070) et d’un frontispice dessiné par G. Gichtel
Première traduction de l’allemand par Debeo et comportant une fort intéressante préface de Paul Sédir sur l’enseignement de Jacob Böhme et les liens doctrinaux qui peuvent s’établir entre sa démarche spirituelle et l’enseignement de diverses grandes figures du christianisme : Mélanchthon, Saint-Augustin, Jean Cassien, Calvin, Zwingli, plus particulièrement sur la notion « d’élection ». Notons la formule de Sédir à propos de Jacob Boehme indiquant qu’il « s’exprime comme un physicien de l’invisible ». Une note de Chacornac signale qu’il consulta une traduction de ce même texte tout à fait inconnue de la main de Louis-Claude de Saint-Martin.

30.50 

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Dialogue entre un marin génois et L’Hospitalier – un chevalier de l’Ordre de Malte -, à propos d’une cité mystérieuse qu’il aurait découverte. Une cité idéale, dirigée par un métaphysicien selon les lois des astres, avec le Soleil comme prêtre suprême. Dans cette Cité où règne l’égalité, il n’y a pas d’absence de pouvoir, bien au contraire – c’est une cité hautement structurée, fondée sur le savoir de chacun. L’égalité des chances est au départ pour tout le monde, l’inégalité naturelle arrivant uniquement à la fin. Lieu défensif, de protection contre l’extérieur plus qu’un lieu d’accomplissement du monde commun, aussi bien à l’intérieur de la société qu’à l’extérieur de celle-ci, la Cité du Soleil veut opérer une sorte de syncrétisme de toutes les religions du monde et d’un sens du religieux à la fois transcendant et immanent à la Cité, de fonder les deux en une théocratie absolue. À cette nostalgie de l’Orient comme désir de l’ordre, de l’enfermement identitaire et protecteur, rempart contre l’Histoire chez Campanella, répond l’autre versant, la tentation majeure de l’Occident : corriger et refonder la Création divine à travers la libération des énergies de la Nature, à la fois conquête et saisie de l’essence de la réalité en son entier. Tommaso Campanella (1568 – 1639) moine dominicain et philosophe italien, s’intéressa principalement à la politique de son temps (la monarchie espagnole qui régnait alors sur la Calabre intégrée au Royaume des Deux-Siciles), et développa des thèses de philosophie politique tendant à l’utopie.

16.30 

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Le Banquet des Cendres est le premier des trois grands dialogues métaphysiques de Giordano Bruno, dans lequel il expose, contre les partisans d’Aristote et de Ptolémée et par-delà Copernic, ses conceptions cosmologiques. S’il défend l’hypothèse copernicienne au cours d’un banquet organisé en son « honneur » par des docteurs anglais le 14 février 1584, jour des Cendres, c’est surtout pour dénoncer la pédanterie et l’obscurantisme desdits docteurs, et c’est avant tout le Bruno « inventeur de philosophies nouvelles », comme l’appelle James Joyce, qui apparaît ici. La dimension nouvelle qu’il introduit n’est pas tant d’ordre cosmologique, elle regarde le traitement très personnel que Bruno fait de la connaissance humaine, sa capacité à « tout ébranler pour connaître l’inébranlable » ; elle est dans la part qu’il accorde, dans ce bouleversement des idées reçues, à l' »imagination créatrice », ce qui a fait dire à Eugenio Garin qu' »il est probable que la compréhension exacte de la notion d’imaginaire soit le secret, encore partiellement irrévélé, de la pensée de Giordano Bruno et d’une partie non négligeable du XVe et du XVIe siècle ». Condamné pour hérésie après huit années de procès, Giordano Bruno est brûlé vif sur le Campo dei fiori, à Rome, le 16 février 1600, laissant ce « secret » à lire pour les générations futures.

8.00 

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