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Gustav Meyrink, témoin incompris de l’éveil spirituel

Meyrink Gustav

Gustav Meyrink (1868-1932), avec son style résolument ésotérique (voire fantastique), est sans doute l’un des écrivains les plus controversés de son époque. Sa vie est une longue quête dans le domaine de la connaissance ésotérique, où certaines facultés de médiumnité lui permettaient d’intégrer tel ou tel courant de tradition secrète – en s’initiant par ‘réflexion‘, pourrait-on dire.

Meyrink se définit lui-même comme un artiste de la vie ‘magique-suggestif’, et définit sa conception de la littérature : « suggestion magique ». Les images, pensées et sentiments qu’il évoque sont destinés à toucher le lecteur au plus profond de son être intérieur. Voici ce qu’il en dit :

« Le pouvoir de la vision intérieure fut la raison première pour laquelle je devins écrivain ; les empêchements extérieurs furent surmontés au fur et à mesure, et les idées qui me poussèrent à écrire des histoires fantastiques furent toujours des images, des situations, ou des visages qui m’étaient apparus. Des visions qui, soit clairement, soit à travers des symboles, me donnaient des avertissements, des conseils, des enseignements. »

D’emblée, tous ses romans et nouvelles nous hantent, nous envoûtent, nous oppressent, nous font entrevoir le grand sérieux d’un chemin d’éveil. Car à propos de la voie qui mène à l’éveil, Meyrink parle de la « domination magique de la pensée », qui n’a rien à voir avec les habituels exercices stéréotypés de ‘concentration mentale‘. La lutte pour l’immortalité est une bataille pour maîtriser les songes et les fantômes qui ont élu domicile au fond de nous.

Le personnage central de ses romans est presque toujours un exilé, un étranger au sens gnostique : celui qui se souvient, et qui doit rechercher la grande libération qui le fera enfin recouvrer la glorieuse condition originelle.

La dimension initiatique dans son œuvre tient dans ce que Meyrink vivait véritablement ce qu’il écrivait. D’une manière inimitable, tous ses romans arrivent à la source de la joie du réel, de l’original, du divin qui se cache au cœur de chaque être humain.

Meyrink, né le 19 janvier 1868, s’est éteint le 4 décembre 1932, complètement conscient. Il est l’exemple de l’être humain en quête, à l’approche de l’ère du Verseau. D’après Jan van Rijckenborgh,

« L’œuvre de Meyrink forme un lien entre l’occultisme et le transfigurisme. Beaucoup, pris dans le mouvement occulte de nombreux groupes, peuvent découvrir à travers lui le lien de connexion voulu et trouver la voie vers le chemin transfiguristique de la libération. »

La vie de Meyrink comporte deux phases :

– une vie sociale initialement réussie, qui se termine par la faillite aux mains de ses nombreux ennemis,
– et une période d’écriture au cours de laquelle, à travers une atmosphère pleine de mystère, il exprime d’une manière profondément spirituelle (et avec une foi absolue) la mission ultime de tout être humain : libérer l’âme-Esprit enfouie en l’être.

Chercheur, individualiste, sceptique, parfois même cynique : beaucoup se reconnaissent en cette figure frappante qui, au début du XXe siècle, a exploré pratiquement tous les aspects de la voie du chercheur ésotérique. Ses rapports, qui passent en revue les méthodes spirituelles orientales et occidentales, sont une mine d’informations. Avec son intuition spirituelle, Meyrink perce l’épais nuage de l’erreur et de la tromperie, et laisse son lecteur respirer à nouveau l’air libre spirituel. Dans le plus profond du soi intérieur, Meyrink ‘voit‘ le visage de la « figure aux jeux morts » ou du « vieil homme », c’est-à-dire : l’être originel véritable caché dans les profondeurs de l’homme lui-même.

Pour un chercheur de la sagesse, la vie de Gustav Meyrink est certainement exemplaire : il est extrêmement rare qu’un chercheur parvienne à parcourir tous les chemins du domaine ésotérique de la vie – pour finalement retrouver le but final de la Vie.  Ayant entrevu l’être originel caché au fond de son être, le visage du « Vieil homme », de « l’autre », il est finalement arrivé à comprendre qu’il ne s’agit pas de devenir lui-même un maître, mais de libérer le divin qui est en lui.

Nous lisons, dans « Le Cardinal Napellus« :

« Vous attachez aussi peu d’importance que moi à la science, professeur. Avouez donc que la science n’est qu’un prétexte. Faire quelque chose, n’importe quoi : la vie, la vie atroce a desséché nos âmes, nous a volé notre moi le plus intime, ce qui en nous est le plus profondément nous-mêmes. Afin de ne pas hurler sans cesse notre douleur nous poursuivons des marottes puériles, pour oublier ce que nous avons perdu. Seulement pour oublier. Soyons sincères envers nous-mêmes ! »

Meyrink a le mérite de démystifier avec acuité tous les pièges et chimères de l’au-delà et d’ouvrir ainsi la voie à tous les vrais chercheurs, leur permettant d’épargner beaucoup de temps et de souffrance.

Le voyage initiatique de Meyrink commence par une citation de Bouddha : « Toutes choses procèdent du cœur, elles naissent dans le cœur et sont liées au cœur ». Son chemin l’a mené à intégrer la Société Théosophique, à s’intéresser au yoga, à l’alchimie, à la kabbale ; à des expériences télépathiques etc…

« L’Unique raison d’être de la vie, c’est l’accomplissement de nos âmes. Celui qui vit sans jamais perdre de vue cette fin, sans jamais regarder en arrière, et qui l’a constamment présente et vivante à l’esprit chaque fois qu’il entreprend ou décide quoi que ce soit, celui-là ne tarde pas à recevoir en partage une paix ineffable qu’il n’avait jamais connue jusqu’alors, et sa vie, de manière inexplicable, prendra une autre orientation.
Pour celui qui œuvre comme s’il était immortel, non pas pour atteindre l’objet de son désir ( ce qui ne peut être un but que pour les aveugles spirituels), mais pour édifier le temple de son âme, – pour celui-là luira le jour, fût-ce au bout de plusieurs millénaires – où il pourra dire : je veux, et la chose arrive, ce que j’ordonne s’accomplit sans avoir besoin d’être longuement mûri. – alors la sagesse des saints sera peu de chose au regard de la tienne, car ils ne savent pas ce que tu sauras ; que l’éternité et la paix, ce peut être la même chose que la vie pérégrinant et l’infinitude ! »

Le Dominicain blanc, éditions La Colombe

Dans « Le Golem » préfacé par Louis Pauwels (éditions La Colombe), nous trouvons ce si beau passage qui justifie l’importance, dans tous les romans de Meyrink, du mystère du masculin et du féminin :

« Sur le chemin initiatique il y a le mystère de deux polarités, masculine et féminine, qui vise à ce que le Roi et la Reine se trouvent unis en l’être, et qu’ainsi se réalisent en l’adepte les Noces Chimiques libératrices. »

Ce grand mystère magique est traité magistralement sous ses diverses formes par Meyrink : celui d’une victorieuse conjonction des deux polarités, seule condition pour que l’unité triomphe. Dans « Le Visage vert » peut d’ailleurs lire :

« Mais si un homme réussit à franchir le pont de la vie, c’est un bonheur pour le monde… une chose est nécessaire : un seul ne peut y réussir, il a besoin pour cela d’une compagne. L’union d’une force masculine et d’une force féminine, c’est là le sens secret du mariage, que l’humanité a perdu depuis des millénaires. »

Parcourons ensemble quelques-uns des extraits les plus frappants de son œuvre !

« – Tout ce qui ne vient pas de l’esprit n’est que poussière inerte, et nous ne voulons prier d’autre Dieu que celui qui se révèle dans notre âme.

– Et vous croyez que si je crie vers Dieu , comme vous le dites, mon destin va en être modifié ?

– Immédiatement ! Seulement, il ne se modifiera pas : ce sera comme un cheval qui prend le galop tandis que jusqu’alors il allait au pas. Si vous voulez vraiment que votre destin aille au galop, il faut invoquer le noyau vital de votre être, ce noyau vital sans lequel vous ne seriez qu’un cadavre (et encore, même pas cela) et lui ordonner de vous conduire par le chemin le plus court au grand but, le seul qui soit digne d’efforts, si peu que vous le  reconnaissiez maintenant, de vous y conduire sans pitié, sans précipitation, au travers de la maladie, des souffrances, de la mort et du sommeil, au travers des honneurs, de la richesse et de la joie, en avant, toujours et sans cesse en avant, au travers de tout, comme un cheval qui appris le mors aux dents et qui traîne une voiture par les champs et sur les pierres et le long des fleurs et des bosquets fleuris ! C’est cela que j’appelle : crier à Dieu ! Il faut que ce soit comme un vœu devant une oreille attentive. »

Le Visage vert, éditions La Colombe

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« Pour pouvoir marcher sur le chemin de la libération, il suffit de briser tous les mirages qui sont annexés au monde spatio-temporel. Sur le point de la séparation aux limites du temps, il faut dire adieu aux forces de l’espace spatio-temporel. Ces forces spatio-temporelles, contraintes par leur nature, tentent de nous maintenir dans la nature de leur terre. »

L’Ange à la fenêtre d’Occident

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« Nous savons qu’il n’y a pas le bien et le mal, mais seulement ‘vérité’ et ‘erreur’… nous savons que l’état d’éveil est un réveil du Moi immortel, et que si le corps ne dort pas, cela en est la conséquence naturelle. Nous savons qu’il n’y a pas de péché, que le corps est le commencement par lequel nous devons commencer, et que nous sommes descendus sur terre pour le changer en esprit… Nous savons que notre esprit doit s’en aller d’abord dans la solitude pour transfigurer notre corps. »

Le Visage vert, éditions La Colombe

Avec la publication du Golem (1926), le thème de la voie du ‘réveil spirituel‘ prédomine dans ces œuvres.

« La vie ‘normale’ est une ‘léthargie’ pendant laquelle nous sommes des somnambules qui ne connaissons pas la raison de nos actions : seulement celui qui se connaît soi-même se réalise spirituellement d’une façon totale, et peut être considéré comme une vraie personne, complète et intégrale. Par conséquent, seul celui qui est ‘vivant’ de la manière qu’on vient de définir dans ce monde, le restera aussi dans l’autre, seul celui qui est ‘éveillé aujourd’hui le restera par la suite. »

Témoignage de Meyrink, dans l’Herne.

Sur la tombe de Meyrink est écrit le mot ‘Vivo‘ :  ‘Je suis vivant‘. Hommage à celui dont la vie fut consacrée tout entière à la recherche de l’éveil intérieur !

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Au tout début du XXe siècle, à Prague, un banquier connu pour ses extravagances est victime d’une violente campagne de diffamation et jeté en prison. À sa sortie, Gustav Meyrink abandonne la finance et se tourne vers la littérature : très vite, il s’impose comme l’écrivain le plus brillant de Prague. En marge de ses romans ésotériques, et notamment du célèbre Golem, il a laissé de nombreux récits brefs, pour la plupart inédits en français, dont ce volume propose une sélection. Les êtres fictifs tel Daraschekoh, le Persan démoniaque, y côtoient le comte Sporck, illustre Pragois, ou le peintre Alfred Kubin ; le château du Hradschin, le Pont de pierre, la Daliborka se voient peuplés de savants pervers et de créatures monstrueuses… Meyrink réinvente la légende pour faire de Prague un seuil – entre l’Orient et l’Occident, entre l’ici-bas et l’au-delà. Une plongée initiatique dans l’imaginaire débridé d’un des auteurs les plus déconcertants de ce début de siècle.

11.00 

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1915. Tandis que la Première Guerre mondiale ensanglante l’Europe, un auteur quasiment inconnu publie son premier roman, qui connaît un succès foudroyant. Placé sous le signe du Golem, cette créature d’argile façonnée jadis par un rabbin, et qui revient hanter la ville tous les trente-trois ans, le livre ressuscite la Prague du tournant du siècle : Prague et son ghetto, rasé quelques années avant la guerre par des autorités soucieuses d' »assainissement ». Dans ses rues tortueuses où sont tapis des êtres fantastiques, dévorés par la passion et la haine, des crimes se commettent, tandis que les couples dansent dans des cabarets sordides. La folie sourd des vieilles pierres… Elle poisse les songes et les souvenirs, elle sème sous les pas des passants des arcanes indéchiffrables. Jusqu’où le narrateur ira-t-il pour se libérer de son emprise et connaître enfin son destin ?

10.50 

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Allumeur de réverbères n’est pas un métier méprisable. C’est grâce à lui que l’ancêtre du baron von Jöcher a été annobli. et depuis, ses descendants ont continué à apporter la lumière au cœur de la nuit des hommes… Mais lorsque le onzième baron von Jöcher se voit devenir vieux et, depuis que sa femme l’a quitté, sans espoir d’avoir des enfants à qui transmettre les secrets de sa famille et ceux de l’Ordre rituel auquel tous ses aïeux ont appartenu, il décide d’adopter un jeune garçon prénommé Christophe… parce que Christophe était le prénom de l’Ancêtre. Sa rencontre avec le baron marquera pour Christophe le début de son éveil à la vie de la conscience : tout comme sa rencontre avec la si belle Ophélie marque pour lui l’éveil de la vie du cœur et des sens. Mais Christophe n’est pas un garçon comme les autres : une nuit, aux lisières du rêve et du sur-réel, il a rencontré la forme spectrale du Dominicain blanc qui l’a entendu en confession et lui a remis tous ses péchés – tous : ceux qu’il a déjà commis, mais également, tous ceux qu’ils pourrait commettre à l’avenir. Dans un style où le flamboiement du lyrisme épouse les clairs-obcurs de l’expressionnisme, Gustav Meyrink (1868-1932) – l’auteur du Golem et du Visage Vert – conte en un roman fascinant l’aventure spirituelle d’un jeune homme en quête de l’amour et de la vie éternels.

19.20 

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Prague, 1917 : au cœur de la ville mystérieuse, d’étranges événements se préparent. Dans le château du Hradschin, un somnambule fait son apparition, le visage en sang, au beau milieu d’un dîner aristocratique ; pendant ce temps, de l’autre côté du Pont de pierre, dans la tour de la Faim, la jeune comtesse Polyxena assiste en secret à l’assemblée des membres des bas-quartiers de Prague. Parmi eux se trouve l’homme qu’elle aime, Ottokar, un bâtard à qui une prostituée en haillons a prédit qu’il deviendrait un jour « empereur du monde ». Pour empêcher la révolution qu’ils fomentent, elle tente d’exercer contre eux l’aweysha, ce terrifiant pouvoir par lequel les morts influent sur les vivants. La Nuit de Walpurgis, celle qui déchaîne les fureurs et les spectres, est proche – bientôt, les personnages seront emportés vers leur tragique destinée… Voici, dans la lignée du Golem, le chef-d’œuvre du fantastique pragois.

10.00 

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L’Ange à la fenêtre d’Occident, l’ultime roman de Gustav Meyrink, est de ces livres qui, sitôt ouverts, n’en finissent plus de vous hanter. Rédigé peu avant la mort de l’auteur, il est à son œuvre ce que Faust est à celle de Goethe : une « somme », summa scientia. L’histoire fascinante de John Dee, célèbre alchimiste du XVI° siècle, y est relatée à travers les fragments de son journal, que le baron Müller, un lointain descendant, a reçu en héritage. De l’Autriche du XX° siècle à l’Angleterre de la reine Élisabeth, en passant par la Prague du Rabbi Löw, droit venu du Golem, les repères peu à peu vacillent, et l’on voyage, de la table de travail de Müller au cachot où l’alchimiste, accusé de sorcellerie, est retenu prisonnier… Placé sous l’auspice du culte de la « putain du diable » Isaïs la Noire, figure de la tentatrice, ce roman est sans doute l’un des plus sensuels de Meyrink. Sombre et charnel, L’Ange à la fenêtre d’Occident, où les ressorts du fantastique meyrinkien sont exploités jusqu’au vertige, est un « livre extraordinaire, foisonnant de symboles, pullulant de mystères, rempli d’un désordre grandiose où la vision profonde confine souvent à la folie » (Marcel Béalu).

14.00 

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1916 – Amsterdam est devenue la plaque tournante de l’émigration européenne. Une foule interlope et grotesque se bouscule dans les bouges à matelots, les cabarets douteux et une mystérieuse boutique de prestidigitation au cœur du ghetto. Aristocrates en exil, escrocs, illusionnistes, kabbalistes et sorciers, tous rêvent à une nouvelle vie dans un autre monde. Certains fondent leurs espoirs sur une terre promise au-delà de l’océan, d’autres, au moyen de forces occultes, cherchent à briser le miroir des apparences dans l’attente d’une Vérité révélée. Beaucoup cèdent à la tentation des sectes et des charlatans mais, dans le labyrinthe de l’aventure intérieure, seul l’initié au cœur pur trouvera l’issue. L’ingénieur Hauberisser et la jeune Eva sont de ceux-ci, ils vivent leur amour comme une quête spirituelle. Le Visage vert leur apparaît pour les guider, symbole ésotérique qui donne la vraie dimension de ce roman à clés ; chacun l’interprète en fonction de ce qu’il est lui-même, accomplissant cette alchimie qui selon C. G. Jung conduit au Soi, à la part du divin en l’homme.

18.00 

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