Les quatre tomes de la Gnose originelle égyptienne regroupent les textes de la Table d’Émeraude et du Corpus Hermeticum commentés par Jan van Rijckenborgh.
Ces écrits des premiers siècles de l’ère chrétienne contiennent la sagesse originelle d’Hermès Trismégiste présentée sous forme de dialogues avec des entités symbolisant les différents niveaux de développement de l’être qui aspire à un état de vie supérieur.
Qui est Hermès Trismégiste ? On pourrait songer à un sublime messager divin, or ce n’est pas une figure historique unique, mais une série d’envoyés célestes. Selon les coutumes des Anciens, les forces et les manifestations étaient symbolisées sous la forme de dieux anthropomorphes.
C’est pourquoi Hermès est. Hermès, c’est le véritable homme céleste qui a passé les portes de la Tête d’Or. C’est pourquoi Hermès est appelé « Trismégiste », le « trois fois grand» ou le « trois fois sublime ». En effet, l’homme céleste est, dans un triple sens, absolument sublime : au sens religieux, au sens scientifique et au sens de l’art pur. Religion, science et art forment en lui, Hermès, un triangle équilatéral parfait.
Parlant ici de religion, il faut comprendre que l’homme céleste ressent et extériorise sa religion sous la seule forme véritable, à savoir par une liaison absolue avec l’essence originelle de la Divinité.
La science éveillée par la sagesse, c’est le second aspect hermétique de la sublimité. Ce second aspect hermétique est appelé à juste titre l’aspect rosicrucien. Car le vrai rosicrucien est le sage par grâce divine, une personne nouvellement née. C’est l’homme du Golgotha qui, par un dépérissement journalier, attache la vraie rose à la croix et ainsi s’anéantit en Jésus le Seigneur.
La sagesse doit pouvoir naître du cœur, de la rose du cœur, de Bethléem (religion). Elle doit atteindre la maturité dans le sanctuaire de la tête (science) et elle est, tout comme l’amour, diffusée par l’être entier comme un rayonnement (art).
Le troisième aspect hermétique apparaît clairement. L’art envisagé ici est l’art royal, l’art de vivre véritablement en homme libéré, l’art d’être homme libéré céleste, véritablement inattaquable ; l’art de servir, par cette vie et par cet état, Dieu, le monde et les hommes, dans un travail libérateur de l’humanité.
S’intéresser à Hermès Trismégiste, ce n’est pas tourner le regard vers le pré-passé de l’humanité, vers les temps préhistoriques où le Maître parlait aux hommes de choses très sages, mais il s’agit ici d’un présent vivant, du présent de la Gnose de tous les temps.
Le présent de la nature dialectique est désigné dans la Bible par le nom « Hérode ». Et le mystère qui doit être dévoilé, celui qui est omniprésent depuis l’aurore des temps, et qui se trouve aussi dans la nature dialectique, qui y est gravé, implanté, ce mystère est désigné dans la Bible comme étant « l’Egypte ».
Lorsqu’un être est touché par la lumière du mystère afin que, dans cette lumière, le mystère se dévoile, les forces hérodiennes s’efforceront, avant que le dévoilement ne soit devenu total, de tuer l’élément étranger à la nature dialectique.
C’est pourquoi l’appel est lancé de « fuir en Egypte », comme l’enfant Jésus. Ce qui veut dire pénétrer profondément dans les mystères de la vraie vie qui se démontre aussi dans le présent, pourvu que nous puissions le voir, pourvu que nous puissions y pénétrer.
Nous comprenons ainsi pourquoi il est dit que beaucoup de grands instructeurs de l’humanité, tels Pythagore et Platon, avaient reçu leur connaissance d’Hermès Trismégiste, et pourquoi cette sagesse hermétique est identique à la doctrine sacrée orientale. Il n’y a en effet qu’une seule sagesse, qui fut toujours préservée, à laquelle on a puisé et puisera toujours à nouveau dans tous les temps.
D’innombrables livres sont attribués à Hermès. On parle même de 100 000 rouleaux qui contiendraient la sagesse d’Hermès. Mais tous les livres du monde ne sauraient contenir la sagesse hermétique ! Car cette sagesse est d’une autre nature que tout savoir transmis. Cette sagesse n’est pas contenue dans un livre. Elle est cependant, en totalité, la part de celui qui a, en vérité, attaché « la rose à la croix ».