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Pentagramme spécial Zen


Éditeur: Rozekruis Pers
Prix: 5.50 EUR

Couverture de «Pentagramme spécial Zen»

La revue Pentagramme désire attirer l'attention des lecteurs sur la nouvelle période où est entrée l'humanité. Le pentagramme est le symbole de l'homme rené, de l'homme nouveau, et en même temps le symbole de l'univers et de son devenir éternel au cours duquel se manifeste le plan divin. Un symbole acquiert une valeur réelle quand il pousse à l'accomplissement et celui qui réalise le pentagramme dans son microcosme, dans son petit monde, se trouve sur le chemin de la transfiguration. La revue Pentagramme invite le lecteur à entrer dans la nouvelle période en se livrant intérieurement à une véritable révolution spirituelle.

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Le n° 2009/02 de la revue Pentagramme, la revue bimestrielle du Lectorium Rosicrucianum, l’Ecole internationale de la Rose-Croix d’Or a pour thème le Zen.

Au sommaire :

La dualité de l’être humain
Qu’est ce que le Zen
Zen et Za-Zen
Le Zen, intuition et art
L’art Zen, instrument de connaissance
L’histoire de Pietje
La valeur personnelle

LE ZEN...

« Le sage entend ce qui n’a aucun son et voit ce qui n’a aucune forme ». Cette sentence d’un des maîtres du Zen décrit au mieux ce qu’est le Zen et surtout ce qu’il réalise en l’homme qui a choisi cette voie.
Il y a de nos jours deux écoles au Japon qui conservent l’enseignement du Zen : le Soto, qui remonte à l’école Ch’ing yuch introduite au Japon en 1233, et l’école Rinzai, officiellement instituée en 1191 par Yesai. Ces deux écoles proviennent de Chine.
Le Zen ne possède aucun livre considéré par ses élèves comme faisant autorité et il n’y a aucune prescription jugée essentielle à suivre pour le bien spirituel. Les maîtres du Zen pratiquent leur religion sans aucun écrit ni dogme. Dès l’origine et jusqu’à aujourd’hui, ils ne s’embarrassent pas des enseignements traditionnels bouddhistes. Il est dit que l’esprit du Bouddha se transmet, c’est-à-dire que son esprit éclairé transmet le contenu des livres les plus sacrés. Les instructeurs du Zen veulent rendre leurs élèves aussi authentiques et indépendants que possible, non seulement dans leurs interprétations du bouddhisme traditionnel mais aussi dans leurs habitudes de penser. L’élève doit perdre l’habitude de s’en remettre aveuglément à une autorité extérieure ou de se soumettre docilement à des conventions. Il doit apprendre à vivre de façon individuelle et inspirée. Son esprit doit accéder à l’entière liberté de progresser, sans s’embarrasser de l’idée d’un Bouddha qui le sauverait, ni d’une foi aveugle en des livres saints ou une soumission inconditionnelle à une quelconque autorité externe. Car des personnes sans cœur veulent aussi suivre la voie et s’efforcent de trouver quelque chose qui les délivrerait de la servitude terrestre. Mais c’est un échec total. Si quelqu’un cherche un Bouddha, il ne le trouvera pas ; s’il cherche la voie, il ne la trouvera pas non plus.
Le Zen est une voie qui n’exige rien, ni connaissances, ni comportement, ni posture particulière. Car il ne s’agit pas d’augmenter ses connaissances, mais de faire le vide pour libérer l’esprit. Il ne s’agit pas d’adopter un comportement ou des exercices qui ne seraient qu’imitation ou faux semblant, mais de se rendre disponible pour accéder à une authentique connaissance de soi. Le mot « Zen » (« chan » en chinois) se traduit par « silence véritable et profond » et aussi par « retour à l’esprit pur et originel de l’être humain ».
Le Zen consiste donc à vivre dans la conscience du présent, de l’instant présent, car c’est dans l’instant qu’apparaît l’Atman, l’Etre spirituel véritable. La première chose à faire est de renoncer à chercher le Zen, étant donné que toutes les réalisations de l’être humain ne proviennent que de l’intellect. En fait, il serait plus juste de dire qu’il faut renoncer à le chercher en dehors de soi-même, comme l’affirme le maître Linji :
« L’authentique Lumière, à chaque moment de la conscience, est l’essence même du Bouddha qui demeure au plus profond de vous. »
Chercher le Zen en soi, c’est adopter une pratique mentale qui cherche à sortir du fonctionnement mental ordinaire pour favoriser une autre approche de la Vérité. Au lieu du raisonnement logique, osons l’irraisonnable, l’absurde, tout de ce qui s’oppose à la logique et au rationnel, ceci pour favoriser les pensées qui viennent du cœur. C’est une perception directe par l’intuition, car nous renonçons à dépendre des paroles et de la compréhension intellectuelle. L’élève ne doit accepter aucune chose avant de l’avoir lui-même reconnue pour vraie. Il doit rejeter tout ce qui n’est pas en conformité avec son esprit, le sacré comme le profane. Qu’il ne s’attarde pas aux perceptions sensorielles, qu’il ne se cramponne pas à son intellect, qu’il ne se fie pas au dualisme ni à son contraire, qu’il ne s’entraine pas à chercher l’absolu ou un dieu. L’élève doit devenir lui-même, aussi vaste que l’espace, libre comme l’oiseau dans l’air ou le poisson dans l’eau. Son esprit doit obtenir la transparence d’un miroir. Seule compte la Vérité qui est en l’être humain.
Si un maître hindou décrit ainsi l’être humain : « un agrégat de matières trompeuses et abjectes, mais néanmoins éveillées à la vie », c’est que l’homme sert aussi d’instrument à Atman, l’Etre spirituel véritable. L’être humain est un être double, tout comme il y a deux ordres de nature, la nature terrestre ordinaire et ce qu’on appelle le Royaume des Cieux ou le monde immuable. Ainsi habitent en nous deux âmes. L’une est l’âme animale, c’est l’âme-sang. C’est cette âme qui nous fait évoluer dans le monde matériel, qui forge nos relations avec les autres et qui, d’expériences en expériences, atteint une maturité qui lui permet de comprendre un certain enseignement, de parcourir une certaine voie, comme la voie du Zen, qui lui fera découvrir que la Vérité n’est pas à chercher à l’extérieur mais à l’intérieur de soi, au plus profond du cœur, là où gît l’Etre spirituel véritable. La seconde âme, l’âme spirituelle, se dévoile par un changement de conscience. Il s’agit en fait d’une conscience reposant sur une mentalité et sur un comportement que n’expliquent ni l’éducation, ni la tradition, ni les études. C’est une conscience d’une octave supérieure à la conscience ordinaire.
La voie du Zen rend possible ce changement de conscience qui met l’homme peu à peu en mesure de rechercher la voie d’en haut. Mais s’il refuse de suivre cette voie, pourtant la seule qui lui permette de sortir de son emprisonnement terrestre, se développe en lui une contre-nature, une pétrification qui le conduit à la mort. « Celui qui a aimé le corps issu de l’erreur du désir (ce monde ici-bas), continue d’errer dans les ténèbres ». Qui veut échapper à la forme naturelle, qui veut s’arracher à l’amour pour la nature du monde de la dualité, doit y renoncer intérieurement, de façon définitive, pour pouvoir parcourir la voie de l’âme, le chemin de retour vers le haut.
La voie du Zen, c’est l’âme qui se met en chemin pour retourner vers sa patrie originelle. C’est l’âme qui se purifie, qui se prépare à recevoir l’Esprit. Alors l’homme pourra éprouver en soi « l’homme véritable », ici et maintenant.


Qui veut parcourir le chemin devra réfléchir aux trois fondements du Zen : une profonde confiance, un grand scepticisme, un engagement sans limite. Le disciple doit avoir une profonde confiance dans ses possibilités et ses ressources. Il doit chercher la lettre inscrite dans son cœur, car c’est là la seule vérité. La liaison avec l’Esprit universel ne peut se réaliser que dans le cœur, dans cet espace privilégié où le monde de la dualité n’est plus, dans ce point d’éternité où la rencontre de l’homme, de l’âme et de l’Esprit peut avoir lieu.
Le disciple devra montrer un grand scepticisme envers tout ce qui ne correspond pas à la lettre inscrite dans son cœur. Il ne s’embarrassera donc pas de dogmes, d’enseignements, de méthodes ou de prescriptions, car ce ne sont que des entraves qui l’empêchent d’accéder à la vraie liberté intérieure et qui le limitent dans son élan vers l’Esprit.
Le disciple fera preuve d’un engagement sans limite. Qui veut parcourir la voie du Zen et avoir part à l’Esprit universel, ne peut le faire à moitié. Il ne pourra pas avoir un pied dans le monde matériel et un pied dans le monde spirituel. L’investissement total de l’être est nécessaire, car il faut tout laisser, tout abandonner. C’est un lâcher prise total.
Le Zen permet de voir la réalité de façon nouvelle, de se détacher de ce qui est terrestre, du soi, du moi, et de se relier ainsi étroitement à la Gnose, à Tao, « la doctrine du bois brut » ou l’enseignement « de ce qui est indicible ».

(Extrait de la Revue Pentagramme 02-2009)

N° spécial ZEN au prix de 5.50 €